Surf à Phuket : la saison, c'est la mousson (on a testé 7 jours à Kamala)
Dernière mise à jour : 14 sept.
Tous les guides vous diront la même chose : Phuket de mai à octobre, c'est la « saison des pluies », la « basse saison », la période à éviter. On y est allés quand même, en août, en famille, et on a surfé quasiment tous les jours pendant une semaine.
Parce que sur la côte ouest, les plages qui sont des lagons en janvier deviennent des plages de surf pendant la mousson. C'est exactement ce que cherche quelqu'un qui veut mettre un pied sur une planche. Et c'est aussi ce qui rend la mer dangereuse pour quelqu'un qui veut juste se baigner. Les deux sont vrais en même temps, et c'est ce que les articles « quand partir à Phuket » ne disent jamais clairement.
Cet article répond aux trois questions qu'on s'est posées avant de partir : quand il y a des vagues, où aller quand on débute en famille, et pourquoi le drapeau rouge planté dans le sable ne veut pas dire ce que vous croyez.
Si vous hésitez encore entre la côte d'Andaman et le golfe de Thaïlande pour ces dates, on a détaillé les deux options dans notre comparatif golfe ou Andaman. Spoiler : si vous voulez surfer, la question est réglée.

Pourquoi la houle arrive avec la pluie
La mécanique est simple. La mousson de sud-ouest souffle sur la mer d'Andaman entre mai et octobre. Ce vent, quand il tient trois ou quatre jours, lève une houle qui vient frapper de plein fouet la côte ouest de Phuket, la seule exposée. Quand le vent retombe, la houle continue d'arriver, propre, pendant quelques jours : ce sont les bonnes sessions.
Concrètement, sur les plages exposées, on passe de vagues de 0,5 à 1 m en saison sèche à 1,5 à 3 m les jours de grosse houle pendant la mousson. Pour un surfeur, c'est une vraie saison. Pour un baigneur, ce sont des courants de baïne (les rip currents) qui emportent chaque année des touristes qui ont sous-estimé la mer.
Le reste de l'année, de novembre à avril, la côte ouest est plate. Pas « petites vagues » : plate. Quelqu'un qui réserve un cours de surf à Phuket en février va se retrouver sur un paddle.
Surf à Phuket mois par mois
Mois | Houle | Pour débuter en famille | Pluie |
Novembre → mars | Plate | Non (pas de vagues) | Saison sèche |
Avril | Premières houles, irrégulières | Possible, sans garantie | Chaud, orages en fin de mois |
Mai | Début de saison | Bien : vagues petites, plages calmes | Averses courtes |
Juin – juillet | Régulière | Le bon compromis | Averses quotidiennes mais rarement toute la journée |
Août – septembre | Pic, grosses houles possibles | Oui, c'est ce qu'on a fait, avec un prof qui choisit l'heure | Mois les plus pluvieux |
Octobre | Fin de saison, irrégulière | Possible | Très pluvieux |
Deux nuances qu'on ne lit pas ailleurs :
La houle ne se commande pas. Sur nos sept jours, on a eu des matins parfaits et des jours où ça bougeait trop pour un cours avec les enfants. Si le surf est le but du séjour, comptez une semaine sur place, pas un aller-retour de deux nuits pour « essayer ».
Août, c'est le pic, pas forcément le plus difficile. Les compétitions locales se tiennent à Kata et Kalim entre juillet et septembre parce que c'est là que la houle est la plus consistante. Mais à Kamala, protégée au sud, on a eu tous les jours des vagues de taille raisonnable pour un débutant. Le reste de notre mois d'août en Thaïlande a d'ailleurs été moins pluvieux que ce qu'on nous avait promis.
Kamala, notre camp de base pendant une semaine
On a posé les valises à Kamala Beach pour sept nuits, et on ne regrette pas le choix. La plage est longue, la partie sud (entre le temple et le village) reçoit une houle atténuée, et le nord donne des vagues plus longues quand on progresse. Les hôtels sont à pied de la plage, les écoles aussi. Pas besoin de voiture, pas de scooter sous la pluie avec des planches.
Concrètement, notre routine a été la même presque chaque jour : cours particulier d'1h30 le matin avec un prof qui parle anglais, sur planche en mousse, dans une eau à 29 °C où on n'a jamais eu froid. Puis massage thaï sur la plage l'après-midi, parce que le surf tire sur les épaules quand on débute. Et on remettait ça le lendemain.
Ce qui nous a marqués :
Les vagues sont vraiment faites pour débuter. Petites, longues, qui laissent le temps de se lever. Les enfants ont tenu debout dès les premiers jours
Les profs sont en anglais, et ils sont bons. Pas un anglais approximatif : des instructeurs habitués aux touristes, qui expliquent sur le sable avant d'aller à l'eau et qui restent à côté de la planche.
Le prix. 12 à 15 € le cours particulier d'1h30, soit entre 450 et 600 bahts. On y revient plus bas, parce que c'est très loin de ce qu'annoncent les sites anglophones.

Les autres plages pour débuter (et celles à éviter)
On n'a pas testé les autres spots, mais on a fait nos devoirs avant de choisir Kamala. Voici ce qu'on a écarté et pourquoi.
Kata Beach — le hub. C'est la capitale du surf de Phuket, là où se tient la compétition annuelle, là où sont concentrées les écoles et les locations de planches. Fond de sable, vagues progressives, ambiance conviviale. Le revers : c'est là qu'il y a le plus de monde à l'eau, et on voulait de la place pour les enfants.
Bang Tao (section centrale) — le plus doux sur le papier. Dix kilomètres de plage, dont la partie centrale est protégée de la houle : vagues molles, lentes, eau à hauteur de taille.
Deux écoles historiques y sont installées (Saltwater Dreaming depuis 2001-2002, Talay Surf). Si on avait dû choisir une deuxième plage, c'était celle-là. Attention en remontant vers le nord, les bancs deviennent imprévisibles.
À éviter avec des débutants, même si vous lisez leurs noms partout :
Kalim, juste au nord de Patong : reef break, fond de roche et corail peu profond, surfable uniquement à mi-marée ou marée haute. C'est le spot des locaux confirmés.
Karon : la plage la plus exposée de l'île, bancs de sable instables, courants forts. Beaucoup de noyades y sont recensées.
Nai Thon, Nai Yang, Surin : belles, mais surveillance partielle ou inexistante, et incidents réguliers en saison.
À quel âge mettre un enfant sur une planche ?
C'est la question qu'on nous a le plus posée, et la réponse honnête tient en trois paliers.
Avant 6 ans : pas de surf, du bodyboard dans le bord. Aucune école sérieuse de Phuket ne prend un enfant de 4 ans en cours de surf en saison. En revanche, une planche en mousse dans 30 cm d'eau, sur la partie sud de Kamala, avec un parent à côté, c'est faisable les jours de petite houle. Ça reste de la baignade, pas du surf : on applique les règles de la baignade (voir plus bas).
6-9 ans : oui, en cours particulier, sur une plage douce. Le cours débutant de Kata fixe l'âge minimum à 6 ans, d'autres écoles de Bang Tao annoncent 7 ans. À cet âge, l'enfant se lève sur une planche en mousse, l'instructeur pousse la planche, et 1h30 (dont 15 à 20 minutes sur le sable) est le maximum utile. C'est précisément pour ça qu'on a pris des cours particuliers plutôt qu'en groupe.
10 ans et plus : le cours de groupe fonctionne. Les écoles font régulièrement se lever des ados de 12-15 ans dès la première vague. À cet âge, un stage de 3 à 5 jours a du sens : ils ramènent quelque chose.
Trois conditions non négociables, quel que soit l'âge :
L'enfant sait nager. Les écoles disent qu'on surfe « dans de l'eau à hauteur de taille, même sans savoir nager ». C'est vrai le jour J. Ça ne l'est plus si un courant l'emporte.
Lycra anti-UV manches longues, fourni par les écoles. La mousson, c'est un ciel couvert qui brûle.
Le cours se décide le matin même, pas la veille. Notre prof nous disait chaque matin si c'était bon ou pas. Une école qui ne dit jamais « pas aujourd'hui », c'est une école qu'on change.

Un drapeau rouge à Phuket, ce n'est pas un drapeau rouge en France
C'est le cœur de l'article, parce que c'est là qu'on se trompe le plus.
En France, on a grandi avec le triptyque vert / orange / rouge, remplacé depuis 2022 par la norme internationale : vert (baignade surveillée sans danger), jaune (surveillée, danger limité), rouge (baignade interdite), bicolore rouge-jaune pour délimiter la zone surveillée, damier noir et blanc pour la zone réservée aux activités nautiques. Et dans la pratique française, un drapeau rouge à la Torche ou à Hossegor n'empêche pas les surfeurs de se mettre à l'eau : le drapeau parle aux baigneurs, les surfeurs gèrent leur risque.
À Phuket, les couleurs sont les mêmes, la lecture n'est pas la même.
Drapeau rouge = interdiction d'entrer dans l'eau. Pour tout le monde, surfeurs compris. Ce n'est pas un « faites attention ». Les sauveteurs le plantent là où un courant tourne ou là où la houle est trop forte, et il reste valable même quand la mer a l'air calme, parce qu'ils voient ce que le touriste ne voit pas.
Double drapeau rouge = mer très dangereuse, la plage peut être évacuée.
Rouge et jaune = zone surveillée, baignade autorisée entre les drapeaux uniquement.
Jaune = baignade possible, courants modérés, nageurs faibles s'abstenir.
Damier noir et blanc = zone surf. C'est celui-là que vous cherchez avec une planche.
Pas de drapeau du tout ≠ plage sûre. Ça veut dire plage non surveillée.
Pourquoi cette différence de lecture ? Parce que la sanction n'est pas la même. En France, si ça tourne mal, il y a des CRS-MNS, un Zodiac, un hélicoptère. À Phuket, les sauveteurs sont présents sur les grandes plages (Patong, Karon, Kata, Bang Tao, Surin), grosso modo de 9h à 17h30, en effectif réduit. À Kamala, la couverture est partielle. Sur les petites plages, il n'y a personne.
Pendant qu'on était sur l'île, le 11 août, six touristes sont partis au large à Nai Thon en entrant dans l'eau sous drapeau rouge : quatre sauveteurs municipaux et deux bénévoles pour un kilomètre de plage, des vagues de plus de 2 m. Ils s'en sont sortis grâce, entre autres, au loueur de planches du coin. Le même mois, Freedom Beach a été fermée à la baignade après un accident mortel.
Et c'est là que le surf en famille rejoint la sécurité : on n'entre jamais dans l'eau sur une plage exposée de Phuket en mousson sans avoir vu le drapeau, et on ne met un enfant sur une planche que sous damier ou avec un prof qui a choisi l'endroit et l'heure.
Combien ça coûte vraiment (spoiler : moins que ce qu'on lit)
Les sites anglophones annoncent 1 000 à 1 500 THB de l'heure pour un cours particulier, soit 25 à 40 € l'heure. C'est le tarif des écoles « établies » de Kata et Bang Tao qui vendent sur GetYourGuide ou Viator, avec réservation en ligne, annulation gratuite et instructeurs certifiés.
À Kamala, en réservant directement avec le prof sur la plage, on a payé 12 à 15 € le cours particulier d'1h30, planche et lycra compris. Même prof tous les jours, même qualité, en anglais. Sur sept jours à deux ou trois cours par jour, la différence se chiffre en centaines d'euros.
Nos repères 2026, à vérifier au moment de votre voyage :
Cours particulier 1h30, école de plage, réservé sur place : 450-600 THB (12-15 €)
Cours particulier, école établie, réservé en ligne : 1 000-1 500 THB de l'heure
Cours de groupe (1h30) en ligne : environ 1 000 THB par personne
Location de planche seule : 200-300 THB/h, 800-1 000 THB la journée
Massage thaï (30 min) sur la plage après le cours : 250 THB (6.5€)
Pas de vagues pendant vos dates ? Les plans B
Vous venez entre novembre et avril : la côte ouest est plate. Le Surf House de Kata (vague artificielle type flowrider) est ouvert tous les jours et prend les enfants : ce n'est pas du surf, mais ça donne la sensation de la planche sous les pieds et ça occupe un après-midi de chaleur.
Vous voulez de la houle mais moins de monde : Khao Lak, à une heure au nord de l'aéroport, reçoit la même mousson sur des plages plus sauvages, avec quelques écoles saisonnières.
Vous voulez de la mer calme ET de la glisse : c'est le golfe de Thaïlande, mais là-bas on parle de kitesurf (Hua Hin, Koh Phangan), pas de surf. Là encore, le choix golfe ou Andaman tranche la question avant même de réserver les vols.
FAQ - Surf à Phuket
Quelle est la saison de surf à Phuket ?
De mai à octobre, pendant la mousson de sud-ouest, avec un pic de houle en août-septembre. De novembre à avril, la côte ouest est plate.
Peut-on surfer à Phuket en février ?
Non, pas sur l'océan : il n'y a pas de houle. Reste la vague artificielle du Surf House à Kata.
Quelle plage pour apprendre le surf à Phuket avec des enfants ?
Kamala (partie sud) est celle qu'on a testée pendant une semaine et qu'on recommande. Bang Tao central est l'autre plage douce de l'île, Kata la plus animée. Kalim et Karon sont à éviter avec des débutants.
Combien coûte un cours de surf à Phuket ?
De 12-15 € l'heure et demie en particulier avec une école de plage réservée sur place (notre expérience à Kamala), à 25-40 € de l'heure dans les écoles établies réservées en ligne.
À partir de quel âge un enfant peut-il prendre un cours de surf à Phuket ?
6 ans chez la plupart des écoles (7 ans chez certaines), en cours particulier et sur planche en mousse. Avant, c'est du bodyboard dans le bord.
Peut-on surfer sous drapeau rouge à Phuket ?
Non. Contrairement à l'usage en France, le drapeau rouge à Phuket s'applique aussi aux surfeurs. Le drapeau qui indique une zone surf est le damier noir et blanc.
Les profs de surf à Phuket parlent-ils anglais ?
Oui, ceux qu'on a eus à Kamala parlaient un anglais clair, avec les explications sur le sable avant d'aller à l'eau. Ne comptez pas sur le français.
Il pleut tous les jours pendant la mousson ?
Presque tous les jours, rarement toute la journée. Septembre et octobre sont les mois les plus pluvieux, en août, on a surfé presque chaque matin.


